Les reproductions d’anciennes deviennent des voitures de collection à part entière

Les enchères d’Elkhart (Indiana, USA) au mois d’octobre dernier ont été une petite révolution. On a vu pour la première fois des reproductions d’anciennes se vendre au prix de voiture de collection à part entière. En effet, RM Sotheby’s a organisé une vente aux enchères proposant trois reproductions de modèles Jaguar (par Jaguar) – une XKSS, une D-Type et une E-Type Lightweight. Jaguar a décidé de remettre en production ces voitures selon leurs spécifications d’origine dès 2015 (avec le E-Type Lightweight). En mars 2016, neuf XKSS (qui n’avaient jamais été achevées en raison de l’incendie de l’usine Browns Lane) sont finalisées et mises en vente. Enfin en 2018, Jaguar lançait la construction de 25 type D.

Les reproductions d’anciennes par les constructeurs d'origine ont une valeur spéciale

Depuis que ces voitures ont été construites, il y a eu beaucoup de spéculation sur leur valeur sur le marché des voitures anciennes. Pour les reproductions faites par des artisans indépendants, les prix sont généralement bien inférieurs aux modèles originaux. Mais ces Jaguars sont d’une espèce différente, ayant été construites au même endroit et par le même constructeur que les originales. Et c’est au prix fort qu’elles se sont vendues, la type E pour 1,7 million de dollars, la XKSS pour 2 million de dollars et le D-Type pour 1,3 million de dollars.

Ces prix montrent que les reproductions par les constructeurs d’origine ont une valeur spéciale aux yeux du marché. Elles sont le plus fidèle à leur état d’origine, étant neuves ou très récentes. Et, en même temps, elles ont la même rareté que leurs ainées. Ajoutons que dans le cas de ces Jaguars elles ont aussi une histoire particulière, puisqu’elles correspondent à des « fins de série » inachevées du fait des circonstances.

Bentley dans le sillage de Jaguar ?

L’intérêt pour ces reproductions par les constructeurs d’origine est d’autant plus remarquable que nombre de producteurs automobiles étudient cette niche très particulière.

Après Jaguar, Bentley annonce ainsi la construction d’une douzaine de reproductions de sa Blower, construite dans son usine en 1929-1930. Un prototype a été produit, nécessitant 40 000 heures de travail. Basée sur les dessins de conception et sur l’outillage d’origine, cette voiture est l’exacte reproduction de la Bentley Blower châssis HB 3403 (moteur SM 3902, immatriculation UU 5872) dont chaque composant a été scanné au laser. 1846 pièces ont dû être fabriquées à la main. Elle dispose du meilleur moteur qui soit pour ce modèle, avec des pistons en aluminium, un arbre à cames en tête, quatre soupapes par cylindre, un double allumage, un carter en magnésium et un compresseur Amherst Villiers. La voiture subira «un vaste programme de test et de durabilité » (Bentley) – y compris une course « à la vitesse maximale» avant le lancement de la construction des 12 voitures.

Comme pour les reproductions Jaguar, toutes les voitures ont déjà été prévendues.

A quand les reproductions de voitures grand public ?

La reproduction de voitures aussi prestigieuses présente un intérêt historique certain. Mais pour la majorité des collectionneurs ces aventures industrielles resteront du domaine du rêve. Et l’on se demande si un jour les constructeurs de voitures grand public se lanceront à leur tour dans la reproduction de voitures d’époque…Certains ont déjà franchi le pas de la restauration, remettant à neuf certains de leurs anciens modèles. Mais la reproduction est une autre histoire…A quand le retour de la citroen DS21, de la Mustang série 1 ou de l’Alfa GTV 1750 dans les allées de nos concessionnaires ? On pourrait alors choisir entre des voitures neuves issues d’époques différentes – et allier sans complexe sa passion pour le vintage aux contraintes de fiabilité du monde moderne…

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