Fin des moteurs thermiques : quelles conséquences pour les voitures anciennes ?

Après Ford, Jaguar, Volvo, Mini, c’est au tour d’Audi d’annoncer l’arrêt du l’arrêt du développement de ses blocs thermiques. Avec la norme Euro 7, il n’apparait plus rentable aux constructeurs d’investir dans ces technologies. Pour certains constructeurs, comme Mini, le changement de cap est clairement assumé, avec un abandon total du thermique sur 2025-30. Pour audi, ce n’est pas un abandon total, puisque le constructeur allemand continuera de vendre des voitures essence hors d’Europe. Mais la tendance est de plus en plus nette, au moins au sein de l’Union européenne. Pour les voitures neuves, il faudra se convertir à l’électrique, de gré ou de force. Mais pour les anciennes, qu’en sera-t’il ?

La pollution thermique, une controverse qui touche les anciennes

Le régulateur européen n’attache pas une grande importance aux voitures anciennes. Il laisse généralement aux Etats membres le soin de préciser les réglementations spécifiques aux véhicules de plus de trente ans. Ainsi, les nouvelles normes n’auront pas à priori d’incidence sur la conformité des technologies anciennes. Sauf que les voitures anciennes suscitent auprès de certains élus une forme de rejet, motivé par les considérations environnementales. Ainsi des municipalités interdisent d’ores et déjà la circulation de véhicules d’époque en Europe. En France, la Loi d’Orientation sur les Mobilités (LOM) permet de bannir nos anciennes dans les grandes agglomérations.

Dans ce contexte, la disparition des voitures modernes thermiques devrait accroitre encore la pression sur les amateurs de voitures anciennes. Les préjugés écologiques pourraient se renforcer, les moteurs pétaradants des anciennes contrastant fortement avec le silence inodore des véhicules électriques.

Une hausse probable des couts d'entretien et d'usage des anciennes 

A cette mauvaise réputation, il faudra aussi ajouter un effet sur les coûts. Coût d’usage bien sur. L’essence est une denrée aujourd’hui accessible et abondante car elle est consommée à grande échelle. Son avenir deviendra de plus en plus incertain avec l’électrification du parc automobile. Les stations d’essence devraient, selon toute logique, être plus rare. Et de cette rareté il faut craindre un renchérissement du coût de l’essence.

Cout d’entretien ensuite. L’histoire a montré combien les changements de technologies affectent la disponibilité des pièces détachées et des compétences propres aux technologies anciennes. Le changement de la carburation à l’injection s’est ainsi accompagné d’un coût plus élevé pour l’entretien des carburateurs. Nombre de garagistes, de la plus jeune génération en particulier, se trouve dans l’incapacité de réparer les systèmes de carburation d’hier. On imagine sans mal que les moteurs thermiques de nos anciennes, surtout pour les plus originaux et complexes, deviendront de véritables casse-têtes pour les futures générations de garagistes formées au tout électrique.

Pareillement, les producteurs de pièces détachées devront s’adapter à l’évolution du marché. Les motorisations thermiques deviendront secondaires dans l’ordre des priorités. Et c’est tout une partie du savoir faire manufacturier nécessaire à nos anciennes qui risque ainsi de disparaitre.

Vers la généralisation du retrofit ?

Dans ce contexte un peu sombre, certaines pistes suscitent un espoir pour l’avenir de nos bolides. Le retrofit – ou électrification des voitures anciennes – semble en effet offrir de belles perspectives. C’est d’ailleurs une tendance déjà forte pour nombre de collectionneurs et pour certains entrepreneurs qui leur offrent la possibilité de convertir des modèles aussi mythiques que la DS, la Coccinelle ou la 2CV à la motorisation électrique. Le législateur s’efforce d’accompagner ce phénomène en autorisant les transformations artisanales des anciennes, sous des conditions précises.

l reste que la beauté mécanique d’une voiture ancienne tient dans son organe principal. L’idée de devoir renoncer aux plus beaux moteurs du passé est attristante. D’aucuns souligneront qu’il est toujours possible de stocker ces belles mécaniques et que le retrofit n’interdit pas nécessairement un retour au thermique. Mais il n’empêche, l’abandon du thermique sonne le glas d’une époque et d’une certaine liberté qu’incarnent les voitures anciennes. Face à la tentation d’un monde uniforme et dépassionné, il est un droit de résister…et de continuer à aimer nos belles autos.

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